12 Jun 2021

Veiller ou ne pas veiller, telle est la question (Matthieu 24, 37-44)

[Evangile du Dimanche]

Matthieu 24, 37-44:

Jésus parlait à ses disciples de sa venue :
« L’avènement du Fils de l’homme ressemblera à ce qui s’est passé à l’époque de Noé. À cette époque, avant le déluge, on mangeait, on buvait, on se mariait, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche. Les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’au déluge qui les a tous engloutis : tel sera aussi l’avènement du Fils de l’homme.
Deux hommes seront aux champs : l’un est pris, l’autre laissé. Deux femmes seront au moulin : l’une est prise, l’autre laissée. Veillez donc, car vous ne connaissez pas le jour où votre Seigneur viendra. Vous le savez bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas, que le Fils de l’homme viendra. »

Avec les lectures d’aujourd’hui commence le temps de l’Avent. Quatre dimanches de préparation à Noël. C’est donc normal que le message devienne insistent : Faites attention, tenez-vous prêts, veillez.
Nous lisons un fragment du dernier grand discours de Jésus dans l´Évangile de Matthieu. Il veut nous dire qu’il nous faut prendre au sérieux notre foi, le fait d’être chrétiens. Que Dieu soit bon ne veut pas dire qu’il soit bon à tout; qu’il soit toujours prêt à tout pardonner ne signifie pas qu’il ne prête pas attention à ce que nous faisons. L’amour de Dieu, c’est un amour éducateur, qui reprend quand il faut le faire, et qui ne passe pas sous silence ce qui est mauvais, comme il ferait si c’était bon. Voici le vrai sens de l’image de Dieu Juge.
Les disciples voulaient savoir le temps où le jugement de Dieu allait-il avoir lieu, autrement dit, la fin de l’histoire. Jésus insiste toujours sur le fait que personne ne le sait ni personne ne peut le savoir. Aucune trace numérique ou énigmatique qui nous permette de deviner, par biais d’opérations compliquées, la date de la fin du monde. Tout est clair pour lui : Nous ne le savons pas et nous ne pourrons le savoir non plus. Dieu intervient dans l’histoire lorsqu’il le croit opportun et il n’a pas besoin de nous en demander l’autorisation.

C’est qui est le plus important, c’est l’attitude dans laquelle le chrétien vit le jour au jour ; attitude de vigilance, d’attente, d’écoute de la parole, de prêter attention au message de Jésus.
Observez bien le récit de Noé, dans le livre de la Genèse, le déluge est parvenu au monde lorsque personne ne s’y attendait. Noé était le seul qui faisait preuve d’une attitude appropriée, l’unique home bon sur la terre, lui le seul capable d’être prêt. Observez le maître de maison, qui ferait tout pour être prêt avant que le voleur ne vienne. Dans les deux cas il n’y a aucun signe qui nous parle de quand, mais le message est clair à propos de l’attitude d’attente.
Les deux hommes aux champs et les deux femmes au moulin ressemblent égaux. Il n’y a pas de travaux plus ou moins réputés, pas de manières non plus inégales entre différentes classes sociales. Dieu pénètre au plus profond du cœur et c’est pour ça qu’on dit de l’une et de l’autre qu’ils seront pris et des autres deux qu’ils seront laissés. Autrement dit, la venue de Dieu, c’est un moment de discernement, d’éclairer les choses, de faire en sorte que la vérité cachée reste à découvert. Ne fixons pas les yeux sur les apparences, dit le Seigneur, loin de nous de juger les autres ; cette tâche-là est compétence exclusive de Dieu. Quant à nous, voyons de rester toujours attentifs, tenons-nous prêts, veillons.

Or, que veut-il dire « VEILLER » aujourd’hui pour nous? Deux millénaires à peu près se sont écoulés dès que Jésus avait prononcé ces paroles-là ; nous ne sommes plus intéressés à la fin imminente du monde. Mais le message d’attention et stimule est toujours d’actualité. Chaque chrétien doit se montrer convaincu de la nécessité de veiller, il doit prêter attention à sa foi, doit répondre à l’amour de Dieu non seulement avec de paroles lancées à l’aire, mais avec du temps et d’effort dévoués à cultiver sa foi.
Quel serait le sens de nous efforcer tant pour un match de foot, par exemple, ou pour tant d’autres goûts personnels; que nous soyons capables de nous réveiller tôt le matin de samedi ou dimanche pour aller à la pêche, ou emmener nos enfants à un match, que nous dépensions de sous pour de choses plus ou moins intéressantes, mais pas du tout essentielles ou indispensables, et par contre que nous soyons descendus au minimum en ce que concerne la religion, que nous parvenions à marchander les minutes avec Dieu, que des excuses banales nous autorisent à laisser de côté nos convictions.
Depuis longtemps que nous ne vivons plus dans une “société chrétienne” et cependant il y a de chrétiens qui ne prennent pas sérieusement qu’ils sont eux qui devraient les premiers répondre à l’appel de Jésus. Nous chrétiens, nous avons aujourd’hui maintes possibilités autour de nous :

– pour en savoir davantage sur la Parole de Dieu,
– pour célébrer avec la Communauté,
– pour s’engager dans l’aide aux nécessiteux,
– pour participer dans une communauté chrétienne et prêter notre aide à sa construction,
– pour lire et connaître mieux Jésus, soit tout seul soit en groupes d’étude ou de catéchèse,
– pour prier seul, en groupe ou en famille,
– pour renforcer la foi dans de rencontres avec d’autres croyants,
– pour aller au fond de notre vie et de nos comportements,
– pour permettre l’aide et l’accompagnement d’autres chrétiens lorsque nous menons cette réflexion,

Ne cherchons pas des excuses; si vraiment Jésus prend un place privilégiée dans nos vies, nous y retrouverons la manière et les moments, nous ferons de notre mieux pour « être prêts », pour « rester éveillés ». C’est à l’heure où vous n’y penserez pas, que le Fils de l’homme viendra.

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