20 Abr 2021

«Celui qui doit venir» (Matthieu 11, 2-11)

[ Evangile – 12 décembre 2010 ]

Matthieu 11, 2-11

Jean le Baptiste, dans sa prison, avait appris ce que faisait le Christ. Il lui envoya demander par ses disciples: «Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre?»
Jésus leur répondit: «Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez: Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. Heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi!» Tandis que les envoyés de Jean se retiraient, Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean: «Qu’êtes-vous allés voir au désert? un roseau agité par le vent?…
Alors, qu’êtes-vous donc allés voir? un homme aux vêtements luxueux? Mais ceux qui portent de tels vêtements vivent dans les palais des rois. Qu’êtes-vous donc allés voir? un prophète? Oui, je vous le dis, et bien plus qu’un prophète. C’est de lui qu’il est écrit: Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour qu’il prépare le chemin devant toi. Amen, je vous le dis: Parmi les hommes, il n’en a pas existé de plus grand que Jean Baptiste; et cependant le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui.

Jean Baptiste était un homme de parole courageuse, puissante, séduisante. Son annonce stimulait à reconnaître les erreurs de la propre vie, à changer, à retourner vers Dieu. Il avait convoqué les foules autour de lui, et avait créé une communauté de disciples. Il fut arrêté pour se mêler du pouvoir établi lorsqu’il entend parler de Jésus et en reste surpris. Jésus ne vient pas comme un juge rigoureux prêt à remettre les pêcheurs dans le droit chemin. Il les accueille et mange avec eux, leur annonce un message de libération et de paix, d’amour miséricordieux. C’est pour ça que Jean en doute et lui envoie demander par ses disciples: «Es-tu celui qui doit venir? Es-tu le Messie?».
Jésus ne se limite pas à dire oui, on dirait qu’il connait bien le proverbe «amour? que les actes parlent plus que les mots», et demande aux envoyés d’observer autour d’eux: les aveugles voient, les boiteux marchent…Il ne s’agit pas de guérisons spectaculaires, comme celles d’un magicien quelconque; ce sont de signes que les prophètes avaient déjà annoncé depuis de siècles que ferait le Messie. Jésus est en train de leur dire: «Mais oui, je suis le Messie, pourtant ne me faites pas confiance du fait que je le dise comme ça, voyez plutôt ce que je fais, mes œuvres certifient que c’est vrai».
Matthieu nous a déjà expliqué pas mal de ces œuvres-là. Les chapitres 5 à 7 de son évangile il les a dédiés à un long discours de Jésus («l’évangile est annoncé aux pauvres»), et dans les chapitres 8 et 9 nous raconte beaucoup de miracles (guérisons de lépreux, de handicapés, d’aveugles, etc.). Ainsi donc, le dialogue avec les messagers du Baptiste pourrait bien occuper sa place à la fin du chapitre 9. Or, Matthieu a préféré mettre d’abord le chapitre 10, le «discours de la mission», où Jésus envoie ses disciples à réaliser les mêmes œuvres qu’il réalisait («guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux…») et à prêcher ce qu’il prêchait.
Pour Matthieu tout est clair; il veut que ses lecteurs comprennent que Jésus, lorsqu’il dit: «allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez», il ne le dit pas en référence exclusive à ses œuvres, mais aussi à celles de ses disciples, à celles de ceux qui le suivent, même les nôtres…
Voici la grandeur et l’exigence d’être chrétiens; que nos œuvres, nous les mettons en vedette pour qu’elles puissent éclairer tous ceux qui se trouvent dans la maison, même comme la maison placée sur la montagne, que personne ne peut dissimuler. Nous sommes appelés à éclairer les autres en faisant les mêmes œuvres que le Christ, comme Jésus lui même les faisait. Il s’agit d’une mission encourageante et risquée dont aucun chrétien ne devrait se sentir excusé d’accomplir.
Comment pourrions-nous la mener à bien? Si nous ne sommes plus que la masse, limités et pécheurs comme quelqu’un d’autre! Matthieu en est bien conscient, c’est pour ça qu’il ne peut pas nous demander de devenir des héros, ou de laisser tomber ce que nous sommes, des êtres humains, pour devenir des êtres parfaits, sans aucune limitation. L’évangéliste a toujours d’autres choses à nous dire, surtout ce que Jésus donne sa vie pour nous, qu’il meurt par amour et qu’il ressuscite. A la fin de l’évangile, Matthieu nous présente Jésus qui nous manifeste solennellement: «Voici que je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du temps». Le fait d’apprendre que Jésus est avec nous remplit de sens l’acceptation de notre mission. Sans cela nous serions des aventureux. Celui qui nous devons annoncer, c’est pas nous mêmes, mais seulement Jésus. C’est lui, «celui qui devait venir», celui que les juifs attendaient pour les libérer.

Qui est maintenant celui qui doit venir»? Qui est celui que les hommes et les femmes de la société d’aujourd’hui attendent? Question délicate s’il y en a! Nous vivons dans une société plurielle où y cohabitent un nombre tellement grand de façons de comprendre la vie, de rechercher le bonheur. Et pourtant, tout le monde partage le même désir de plénitude intérieure, de joie, de paix profonde. Les réponses du monde s’avèrent multiples, bien que pas toujours pertinentes. Nous aussi, chrétiens, nous avons notre propre réponse et nous ne devons pas nous taire. Nous allons de l’avant en sachant que Jésus est «celui que doit venir» et offrons, respectueusement, le message de bonheur à travers l’amour gratuit et désintéressé. Nous sommes convaincus que c’est «Dieu qui nous a aimé d’abord»; voici donc le premier message à proclamer.
Or, c’est vrai que nous attendons quelqu’un? On découvre tant de gents qui n’attendent personne, qui n’ont plus besoin de quelqu’un d’autre, qui préfèrent plutôt vivre leur vie en solitaire. Parfois c’est nous-mêmes qui souhaiterions bâtir notre propre vie laissant que Jésus reste en marge, lui permettant seulement une place de décoration dans un petit coin de notre existence?
L’Avent est le temps où la liturgie nous offre le cadeau de mieux nous préparer pour que Jésus, le Messie, vienne à notre vie. Certes, il est constamment en train de venir, à chaque instant, mais nous ressentons le besoin de temps privilégiés, de célébrations spéciales chargées de signification, de symboles qui nous en fassent rappel. Aujourd’hui nous pouvons nous demander: C’est quoi au juste ce que j’attends? Quels sont mes désirs, mes ambitions, mes projets? A cœur ouvert, c’est quoi ce dont j’ai besoin pour être heureux? Parfois ai-je organisé ma vie en laissant Jésus de côté? C’est Lui, «celui qui doit venir», qui est déjà en train de venir, celui qui arrive. Ouvrons-nous-lui la porte.


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